Définition du deuil

Le sens commun du mot deuil vu aujourd'hui provient de l'évolution de différents mots latins au cours du temps :

 

- Au Ier siècle avant Jésus-Christ (sous Cicéron), le mot dolor est apparu.

Ce terme latin concernait à l'époque la souffrance morale ainsi que la souffrance physique.

Par souffrance morale, il faut y inclure :

  •  la peine (état affectif empli de tristesse plus ou moins long dans le temps)
  •  le chagrin (le fait d'être triste, morose, mélancolique)
  • ainsi que l'affliction (tristesse profonde).

 

- Au IVe siècle après Jésus-Christ (sous Saint Augustin), le mot dolus voit son sens commun passer de la tromperie et la fourberie vers une pénible impression morale...

 

- Peu de temps après, le poète latin chrétien Commodien dans son oeuvre "Les instructions" (Livre II Poème 32 ligne 1) utilise également le terme Dolium (tonneau en bois) pour désigner la douleur - souffrance. Cette variante sera reprise dans l'édition du dictionnaire latin-français Gaffiot en 1934.

 

- L'ancien occitan va ensuite raccourcir le mot dolus en dol début du Xe siècle après J-C pour signifier tout ce qui touche la douleur, la souffrance, la tristesse ainsi que le deuil...

 

- En langue d'oïl vers 1150 après J-C, nous retrouvons dans le roman de Thèbes (p307 - Ligne 8255) le mot duel défini comme l'affliction causée par la mort de quelqu'un...

 

- Jusqu'au XVIe siècle après J-C, le mot duel va être employé pour qualifier la perte d'un être cher suite à un décès. Le pluriel de duel deviendra dueus.

 

- A partir du XVIe siècle après J-C, ce terme s'étendra à toute grande tristesse liée ou non à la mort. D'une manière générale, tout événement critique qu'il faudra surmonter (mort, séparation, perte de confiance en quelqu'un, etc.)

 

- Dès le début du XIXe siècle après J-C, l'expression "faire notre deuil" apparaît. Tout d'abord celle-ci ne concernera que les choses et les émotions puis sera par la suite utilisée pour la perte d'un être cher.

 

Souvent associé à la souffrance, le deuil est aussi un processus nécessaire de délivrance appelé résilience (phénomène psychologique consistant à prendre acte de l'événement traumatique de façon à ne pas, ou plus, vivre dans le malheur et à se reconstruire d'une façon socialement acceptable). C'est un processus actif, dit "faire le deuil".

 

L'individu en deuil peut sembler souffrir d'un état dépressif plus ou moins intense tout en cherchant à se reconstruire de manière plus ou moins rapide.

Le soutien de personnes extérieures faisant preuve d'empathie est très souvent nécessaire afin de le guider vers son rétablissement. 

 

Le deuil peut être réalisé par le biais de tous moyens d'expression créatifs ou délégués (construction de monuments funéraires plus ou moins personnalisés, commandes d’œuvres spécifiques en l'hommage à la personne disparue....) Ainsi, l'événement n'est pas oublié mais commémoré et la douleur qu'il a suscitée s'atténue voire disparaît.